VII. Ce que le design doit à la sculpture

VII. Ce que le design doit à la sculpture
Temps de lecture: 2 min
On classe. C'est compréhensible. Les marchés ont besoin de catégories, les galeries de cases. Mais les catégories décrivent des économies, pas des formes. Et une forme n'a pas de passeport.
Mon travail porte essentiellement sur la géométrie de la Nature, sur la structure intime de la matière. Les sculptures sont un travail sur la forme à l'état pur, sans fonction, sans usage, sans destination autre qu'elle-même. Le design en a été la suite logique : le même travail sur la forme, prolongé dans un territoire où elle doit aussi répondre à des contraintes d'usage. La série Pyrite a marqué cette transition. Ce qui a changé, ce n'est pas le regard, c'est le terrain.
La contrainte fonctionnelle, dans ce contexte, n'est pas différente d'une contrainte formelle ordinaire. Une table doit avoir une certaine hauteur, tenir debout, résister à l'usage. Ce sont des paramètres, exactement comme la gravité est un paramètre pour la sculpture.
La question revient en entretien, en exposition : êtes-vous designer ou sculpteur ? Je comprends pourquoi on la pose. Je n'ai pas de réponse satisfaisante à lui donner, non pas parce que j'esquive, mais parce que la question suppose une frontière qui n'existe pas dans le travail.
" Les catégories décrivent des économies, pas des formes. Et une forme n'a pas de passeport."
Le résultat : des objets que certains regardent comme des œuvres et que d'autres intègrent comme du mobilier. Je n'ai pas d'opinion arrêtée là-dessus. Ce qui m'importe, c'est que la pièce soit juste formellement. Le reste est une question de marché.


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On classe. C'est compréhensible. Les marchés ont besoin de catégories, les galeries de cases. Mais les catégories décrivent des économies, pas des formes. Et une forme n'a pas de passeport.
Mon travail porte essentiellement sur la géométrie de la Nature, sur la structure intime de la matière. Les sculptures sont un travail sur la forme à l'état pur, sans fonction, sans usage, sans destination autre qu'elle-même. Le design en a été la suite logique : le même travail sur la forme, prolongé dans un territoire où elle doit aussi répondre à des contraintes d'usage. La série Pyrite a marqué cette transition. Ce qui a changé, ce n'est pas le regard, c'est le terrain.
La question revient en entretien, en exposition : êtes-vous designer ou sculpteur ? Je comprends pourquoi on la pose. Je n'ai pas de réponse satisfaisante à lui donner, non pas parce que j'esquive, mais parce que la question suppose une frontière qui n'existe pas dans le travail.
" Les catégories décrivent des économies, pas des formes. Et une forme n'a pas de passeport."
La contrainte fonctionnelle, dans ce contexte, n'est pas différente d'une contrainte formelle ordinaire. Une table doit avoir une certaine hauteur, tenir debout, résister à l'usage. Ce sont des paramètres, exactement comme la gravité est un paramètre pour la sculpture.
Le résultat : des objets que certains regardent comme des œuvres et que d'autres intègrent comme du mobilier. Je n'ai pas d'opinion arrêtée là-dessus. Ce qui m'importe, c'est que la pièce soit juste formellement. Le reste est une question de marché.


