IV. Ce que le vide fait à une forme

IV. Ce que le vide fait à une forme
Temps de lecture: 2 min
Les Japonais ont un mot pour ça, ma, qu'on traduit mal par espace négatif ou intervalle. Ce que ma désigne, c'est une qualité active de l'espace, une présence d'un autre type. Le vide n'est pas ce qui manque autour de la forme, il est ce qui la prolonge.
Une sculpture juste existe seule. Elle n'a pas besoin d'un espace favorable pour avoir du sens, mais l'espace peut lui donner ou lui retirer de la force. J'ai vu des pièces excellentes mal installées qui perdaient une partie de ce qu'elles portaient, non pas leur justesse mais leur impact. L'installation n'est pas une question de décoration, c'est une question de structure.
Je pense le vide en même temps que la forme, depuis la première esquisse. Pas comme un espace résiduel, pas comme ce qui reste une fois l'objet posé, mais comme une décision formelle à part entière. Le vide autour d'une sculpture n'est pas neutre.
" Le vide n'est pas ce qui manque autour de la forme, il est ce qui la prolonge"
Les sculptures murales posent une question particulière : elles appartiennent au mur sans en faire partie. Un tableau occupe un mur, une sculpture murale en fait une surface active, un élément qui participe à la pièce au lieu de simplement la recevoir. En pratique, concevoir une pièce murale ne change pas fondamentalement le travail. Ce qui peut changer, ce sont les proportions, surtout quand c'est une commande pour un lieu précis dont l'architecture impose ses propres paramètres.
La plupart de mes sculptures sont pensées pour elles-mêmes, dans leur sens intrinsèque. Elles ne répondent pas à un espace, elles existent indépendamment de celui qui les accueillera. Les pièces pensées depuis un espace, ça m'arrive aussi, ce sont surtout des commandes où l'architecture du lieu entre dans l'équation dès le départ. Ce sont deux façons de travailler, pas deux façons de penser.


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Les Japonais ont un mot pour ça, ma, qu'on traduit mal par espace négatif ou intervalle. Ce que ma désigne, c'est une qualité active de l'espace, une présence d'un autre type. Le vide n'est pas ce qui manque autour de la forme, il est ce qui la prolonge.
Une sculpture juste existe seule. Elle n'a pas besoin d'un espace favorable pour avoir du sens, mais l'espace peut lui donner ou lui retirer de la force. J'ai vu des pièces excellentes mal installées qui perdaient une partie de ce qu'elles portaient, non pas leur justesse mais leur impact. L'installation n'est pas une question de décoration, c'est une question de structure.
Je pense le vide en même temps que la forme, depuis la première esquisse. Pas comme un espace résiduel, pas comme ce qui reste une fois l'objet posé, mais comme une décision formelle à part entière. Le vide autour d'une sculpture n'est pas neutre.
" Le vide n'est pas ce qui manque autour de la forme, il est ce qui la prolonge"
Les sculptures murales posent une question particulière : elles appartiennent au mur sans en faire partie. Un tableau occupe un mur, une sculpture murale en fait une surface active, un élément qui participe à la pièce au lieu de simplement la recevoir. En pratique, concevoir une pièce murale ne change pas fondamentalement le travail. Ce qui peut changer, ce sont les proportions, surtout quand c'est une commande pour un lieu précis dont l'architecture impose ses propres paramètres.
La plupart de mes sculptures sont pensées pour elles-mêmes, dans leur sens intrinsèque. Elles ne répondent pas à un espace, elles existent indépendamment de celui qui les accueillera. Les pièces pensées depuis un espace, ça m'arrive aussi, ce sont surtout des commandes où l'architecture du lieu entre dans l'équation dès le départ. Ce sont deux façons de travailler, pas deux façons de penser.


