III. Lire la Nature comme un architecte

Détail au microscope d'un flocon de neige
III. Lire la nature comme un architecte

Temps de lecture: 2 min

La cristallographie m'a appris quelque chose d'utile : elle décrit la forme en termes de forces et d'équilibres, pas en termes d'intention. Un cristal est ce qu'il est parce que les atomes se sont arrangés selon la voie la plus économique, la beauté du résultat n'était pas dans le cahier des charges. Une nervure de feuille, c'est la même chose : une solution à un problème de distribution, pas une décoration. L'élégance est là, mais elle n'était pas l'objectif.

Ce qui m'arrête, c'est d'abord le résultat visible. Une forme aperçue au détour d'une page de livre, parfois sur un écran, quelque chose dans la géométrie qui retient le regard. Le travail qui suit va du macro au micro, du visible à l'invisible : comprendre ce qui produit cette forme, son architecture, sa logique structurale. Ce passage de la surface à la structure, c'est là que le travail commence vraiment.

Je ne suis pas naturaliste. Ce n'est pas ce que la nature produit qui m'occupe, c'est comment elle le produit. Pourquoi ces formes-là et pas d'autres, quelles contraintes internes, quelle économie invisible, génèrent ces géométries précises.

" Pas belle au sens ordinaire, résistante. Une forme qui tient."

Ce n'est pas facile à maintenir. La tentation de faire beau est constante, et la beauté facile, celle qui plaît immédiatement, est presque toujours ce qui éloigne de la justesse.

Ce que je cherche à produire, ce sont des pièces qui ne ressemblent pas à la nature mais qui lui doivent quelque chose d'essentiel. Une cohérence interne immédiatement perceptible, la sensation qu'une forme ne pouvait pas être autrement. Pas belle au sens ordinaire, résistante. Une forme qui tient.

Détail au microscope d'un flocon de neige
Détail au microscope d'un flocon de neige

Temps de lecture: 2 min

La cristallographie m'a appris quelque chose d'utile : elle décrit la forme en termes de forces et d'équilibres, pas en termes d'intention. Un cristal est ce qu'il est parce que les atomes se sont arrangés selon la voie la plus économique, la beauté du résultat n'était pas dans le cahier des charges. Une nervure de feuille, c'est la même chose : une solution à un problème de distribution, pas une décoration. L'élégance est là, mais elle n'était pas l'objectif.

Ce qui m'arrête, c'est d'abord le résultat visible. Une forme aperçue au détour d'une page de livre, parfois sur un écran, quelque chose dans la géométrie qui retient le regard. Le travail qui suit va du macro au micro, du visible à l'invisible : comprendre ce qui produit cette forme, son architecture, sa logique structurale. Ce passage de la surface à la structure, c'est là que le travail commence vraiment.

Je ne suis pas naturaliste. Ce n'est pas ce que la nature produit qui m'occupe, c'est comment elle le produit. Pourquoi ces formes-là et pas d'autres, quelles contraintes internes, quelle économie invisible, génèrent ces géométries précises.

" Pas belle au sens ordinaire, résistante. Une forme qui tient."

Ce n'est pas facile à maintenir. La tentation de faire beau est constante, et la beauté facile, celle qui plaît immédiatement, est presque toujours ce qui éloigne de la justesse.

Ce que je cherche à produire, ce sont des pièces qui ne ressemblent pas à la nature mais qui lui doivent quelque chose d'essentiel. Une cohérence interne immédiatement perceptible, la sensation qu'une forme ne pouvait pas être autrement. Pas belle au sens ordinaire, résistante. Une forme qui tient.