X. Vivre avec

X. Vivre avec

Temps de lecture: 2 min

La relation à un objet fort n'est pas fixe. Elle change avec le temps, avec la lumière des saisons, avec ce qu'on traverse. Une pièce achetée dans un certain état d'esprit vous parlera différemment cinq ans plus tard.

Les meubles ont une présence. De la même manière qu'un livre, une bibliothèque, une œuvre d'art. Ils portent avec eux le moment qui les a fait entrer dans nos vies. Ils évoquent peut-être une époque révolue, un être qui nous est cher et qui n'est plus là. C'est quelque chose que je vis moi-même, je vis avec certaines de mes pièces, et ce qu'elles me rappellent va bien au-delà de ce qu'elles sont formellement.

On achète une pièce. On l'installe. Et puis un jour, sans l'avoir décidé, on réalise qu'elle a changé quelque chose dans la façon dont on vit dans cet espace. Pas de façon dramatique, plutôt une légère modification de ce qu'on remarque, de ce vers quoi le regard revient.

" Faire de la place à ce qui mérite d'être regardé est peut-être une façon de faire de la place à soi-même."

C'est pour cette raison que le choix compte. Un objet choisi uniquement pour son apparence restera à la surface de ce qu'il pourrait être. Comme une personne, d'ailleurs. Ce qui fait qu'on garde une pièce, ce qui fait qu'elle s'inscrit dans une vie, ce n'est pas qu'elle soit belle, c'est qu'elle ait du sens.

Je conçois mes pièces avec cette durée en tête. Qu'elles tiennent dans le temps, pas par leur style mais par leur justesse. Que dans dix ans, vingt ans, elles disent encore quelque chose à celui qui vit avec.

Accueillir une pièce, c'est décider de lui faire de la place, pas seulement physiquement mais dans l'attention. Faire de la place à ce qui mérite d'être regardé est peut-être une façon de faire de la place à soi-même.

Temps de lecture: 2 min

La relation à un objet fort n'est pas fixe. Elle change avec le temps, avec la lumière des saisons, avec ce qu'on traverse. Une pièce achetée dans un certain état d'esprit vous parlera différemment cinq ans plus tard.

Les meubles ont une présence. De la même manière qu'un livre, une bibliothèque, une œuvre d'art. Ils portent avec eux le moment qui les a fait entrer dans nos vies. Ils évoquent peut-être une époque révolue, un être qui nous est cher et qui n'est plus là. C'est quelque chose que je vis moi-même, je vis avec certaines de mes pièces, et ce qu'elles me rappellent va bien au-delà de ce qu'elles sont formellement.

On achète une pièce. On l'installe. Et puis un jour, sans l'avoir décidé, on réalise qu'elle a changé quelque chose dans la façon dont on vit dans cet espace. Pas de façon dramatique, plutôt une légère modification de ce qu'on remarque, de ce vers quoi le regard revient.

" Faire de la place à ce qui mérite d'être regardé est peut-être une façon de faire de la place à soi-même."

C'est pour cette raison que le choix compte. Un objet choisi uniquement pour son apparence restera à la surface de ce qu'il pourrait être. Comme une personne, d'ailleurs. Ce qui fait qu'on garde une pièce, ce qui fait qu'elle s'inscrit dans une vie, ce n'est pas qu'elle soit belle, c'est qu'elle ait du sens.

Je conçois mes pièces avec cette durée en tête. Qu'elles tiennent dans le temps, pas par leur style mais par leur justesse. Que dans dix ans, vingt ans, elles disent encore quelque chose à celui qui vit avec.

Accueillir une pièce, c'est décider de lui faire de la place, pas seulement physiquement mais dans l'attention. Faire de la place à ce qui mérite d'être regardé est peut-être une façon de faire de la place à soi-même.